| Le Premier ministre du Cambodge Hun Sen a réaffirmé son souhait de régler le conflit frontalier khméro-thaïlandais par le biais de négociations bilatérales et de ne pas en faire un enjeu régional lors du prochain forum de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean) qui doit se tenir en Thaïlande à la fin du mois de février 2009.
Le chef du gouvernement cambodgien a justifié cette position à l'occasion de son discours d'inauguration du nouveau bâtiment administratif provincial d'Oddar Meanchey, au nord-ouest du Cambodge, mardi 20 janvier, en expliquant que la priorité du forum de l'Asean était de traiter des questions d'intérêt collectif concernant tous ses membres. Pour Hun Sen, le différend opposant le Cambodge et la Thaïlande ne concerne que ces deux Etats, qui peuvent le résoudre seuls par des mécanismes bilatéraux. Le Premier ministre cambodgien a cependant reconnu que lors de la précédente réunion régionale, le sommet Asie-Europe (Asem) tenu à Pékin à la fin du mois d'octobre 2008 au lendemain d'échanges de tirs meurtriers entre soldats cambodgiens et thaïlandais, "certains pays membres" de l'Asean avaient fait part de leur inquiétude quant au durcissement de la situation le long de la frontière khméro-thaïlandaise et avaient souhaité porter ce dossier dans le cadre de l'institution régionale. Une proposition que la Thaïlande avait catégoriquement rejetée.
Mais, lors de la prochaine rencontre de l'Asean, le sujet sera très probablement de nouveau évoqué par des pays tiers, admet Hun Sen, qui a donc préparé une réponse toute faite, la plus courte possible : "Si le représentant d'un pays me parle de la situation frontalière khméro-thaïlandaise, je lui dirai brièvement de me laisser régler seul cette question avec le Premier ministre thaïlandais et qu'il n'y a pas lieu de traiter ce dossier dans le cadre du forum de l'Asean". Le leader cambodgien entend ainsi lever les craintes du gouvernement thaïlandais, qui assurera la présidence du sommet de l'Asean, de voir le Cambodge porter l'affaire à un niveau régional, alors que les ministres des Affaires étrangères thaïlandais successifs se sont échinés à cantonner les discussions à un niveau bilatéral.
Alors que le Premier ministre cambodgien, au début du conflit ouvert sur le site du temple de Preah Vihear en juillet 2008, semblait au contraire vouloir privilégier la voie multilatérale et envisageait même de déposer plainte devant le Conseil de sécurité de l'Onu, la ligne aujourd'hui mise en avant par le gouvernement suscite de vives critiques de la part de l'opposition et d'une organisation basée en France, le Comité des frontières du Cambodge, mené par Sean Pengsé.
Face aux reproches de Sean Pengsé auquel il a fait directement allusion, Hun Sen a défendu la position actuelle de la diplomatie cambodgienne en affirmant qu'une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'Onu ou d'une cour internationale servirait d'ultime recours en cas d'offensive ouverte de la Thaïlande contre le Cambodge. Une situation extrême que le chef du gouvernement cambodgien estime pouvoir éviter, les trois Premiers ministres de Thaïlande qui se sont succédé depuis le début de cette crise, Samak Sundaravej, Somchay Wongsawat et Abhisit Vejjajiva, ayant tous affirmé, selon Hun Sen, reconnaître les conventions franco-siamoises de 1904 et 1907 ainsi que le memorandum d'entente préalable (MoU) sur les frontières de 2000.
"Le nouveau gouvernement thaïlandais a reconnu ces trois éléments, d'après une déclaration du ministère des Affaires étrangères thaïlandais. De plus, il a également reconnu le résultat des précédentes négociations conduites entre le ministère des Affaires étrangères cambodgien et les responsables diplomatiques thaïlandais successifs. Alors, la meilleure solution est de continuer à recourir aux mécanismes bilatéraux", a soutenu le chef du gouvernement cambodgien. Enfin, le Premier ministre Hun Sen a demandé aux forces armées cambodgiennes et thaïlandaises d'apaiser leurs tensions le long de la frontière commune et à la population d'entretenir de bonnes relations avec l'Etat voisin en évitant d'étendre le conflit à d'autres domaines, notamment économique. |
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