Au cours du 9 ème Congrès des pays signataires de la convention d'Ottawa qui s'est déroulé du 24 au 28 novembre à Genève, les représentants thaïlandais ont accusés directement l'armée cambodgienne d'avoir posé des mines lors du conflit larvé opposant les deux pays depuis le mois de juillet, en contradiction formelle des accords internationaux sur le sujet. La situation a dégénéré en conflit armé le 15 octobre.
Les autorités de Bangkok ont exigé lors du 9ème Congrès des explications claires sur les raisons d'un tel acte, et ont demandé la formation d'un comité tripartite chargé de mener une enquête sur le terrain.
Pour situer le contexte, il faut rappeler que cet incident à eu lieu à 1 500 mètres à l'intérieur des frontières cambodgiennes, près du Phnom Trap. Tout au moins si l'on respecte le tracé des frontières reconnues internationalement, et contesté par la Thaïlande. Car les autorités de ce pays semblent, dans cette affaire, se référer à une carte de leur crue, dressée unilatéralement et qui place l'incident chez eux. La gravité de leur accusation réside dans l'affirmation que ce sont des mines nouvellement posées qui sont à l'origine de l'accident.
Jeudi 18 décembre une table ronde organisée par le Club des journalistes cambodgiens sur cette polémique a permis de connaître la position de Phnom Penh dans cette affaire. Des représentants du Cmac (Cambodian mine action center) et de l'autorité en charge des mines ont fait une mise au point concernant les accusations portées par Bangkok, ainsi que la position du gouvernement cambodgien.
Selon Heng Ratana, directeur général adjoint du Cmac, les deux points soulevés par les Thaïlandais sont rejetés par Phnom Penh. « Premièrement, l'incident s'est déroulé dans le territoire cambodgien, dans une zone minée lors de la guerre civile des années 1980, il n'y a pas lieu de parler de pose récente d'engins explosifs. Deuxièmement, former une commission tripartite est sans objet, incluant par ailleurs les Thaïlandais, pour mener l'enquête de terrain. L'État cambodgien est souverain sur son territoire et a toutes compétences pour résoudre cette affaire », a-t-il expliqué.
Heng Ratana a ajouté que le Cambodge, dans un souci de conciliation, a pris l'initiative de former un comité, pour répondre à ces accusations. D'après lui, le royaume ne peut accepter les accusations portées à son encontre. « C'est alors à la Thaïlande d'apporter des preuves. Nous les attendons toujours », a-t-il lancé.
Dans un rappel de l'action de déminage entreprise dans cette région, il a été précisé que les abords du temple de Preah Vihear ont été nettoyés, de l'an 2 000 à aujourd'hui, par l'action conjointe du Cmac et de Halo Trust. Ce sont plus de 9 300 mines qui ont été découvertes et neutralisées. Mais la zone dans laquelle ont sauté les soldats thaïlandais n'a pas encore été sécurisée.
Au Cambodge, depuis 1992, ce sont 800 000 mines et 1,5 million d'UXO qui ont été neutralisés, sur une surface de 50 000 km2.
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